Se jeter à l’eau…

Mes parents avaient attendu deux bonnes années pour que ma mère tombe enfin enceinte. Je ne me suis donc pas inquiétée lorsque se sont accumulés les mois d’essais, ponctués des remarques bien intentionnées sur le fameux « lâcher prise » conseillé par les proches ou le miraculeux « fautpasypenser » de la pharmacienne, sans oublier le non moins célèbre « prenezdesvacances » de mamie.

La réalité me rattrapera en pleine figure, puisque les premiers examens que je me décide enfin à affronter au bout de 18 mois de tentatives infructueuses se soldent par le diagnostic d’une insuffisance ovarienne. Enfin, c’est ce que décrète le gynécologue qui me suit à l’époque, après une rapide séance de comptage folliculaire qui se révèlera en définitive complétement foireuse.

Il avait pourtant l’air sympathique ce médecin…

 

Mais cette première claque va avoir pour effet de me faire basculer dans l’état totalement inverse de mon soi-disant détachement initial (alias « je veux pas mettre un pied dans ce bourbier médical ») : je panique et prends rendez-vous avec le premier spécialiste PMA le plus près de chez moi, dans l’optique de me jeter à corps perdu dans les fiv afin de récupérer les derniers ovocytes pas encore tout à fait périmés qu’il pourrait me rester.

Cali entre en résonance

 

Les examens complémentaires effectués dans la foulée ne me feront pas sortir de cette sensation d’urgence. L’approche des 34 ans et l’injonction culpabilisante à procréer avant la barre symbolique des 35 ans (genre, le jour de tes 35 ans, tes ovaires s’autodétruisent comme dans James Bond ?) ont clairement façonné la chape de plomb et de culpabilité qui pèse sur mes épaules. J’aurais mieux fait de m’occuper de pondre des gosses plutôt que de me lancer dans de longues études, ça t’apprendra à être carriériste ma grande…

Une seconde échographie endopelvienne (chez une spécialiste qui sait se servir de sa sonde autrement que comme d’un merveilleux joujou) se révèle bien plus rassurante, et corrélée à une AMH potable pour mon âge, me donnent la sensation d’avoir rajeunie de quelques années (plus fort que le botox).

Pas d’insuffisance ovarienne, dit-elle. Sauf que le coup viendra cette fois de l’autre côté : mon conjoint est OATS, avec, de surcroit, un taux de fragmentation pas génial. Sur ce, le spécialiste PMA penche plutôt pour une fiv isci et, en bons petits warriors que nous sommes, nous nous jetons dans la bataille. Achat de piquouses et de médocs en tout genre, et même de thermomètres pour surveiller la température de conservation dans le frigo et dans la pièce (vous ai-je dit que je suis une grande névrosée ?).

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On injecte, on court faire les échos et les pds, on court racheter des doses à la pharmacie en urgence après avoir réalisé que le médecin n’a pas anticipé que mon stock était à sec et qu’il fallait me redonner une ordonnance s’il souhaitait que je m’injecte de nouvelles doses le soir même. Bref, un chouette quotidien de bonne PMette…

 

Dernier geste de courage, aller à la clinique pour cette ponction, avec l’appréhension d’une anesthésie générale. Ponction de 5 ovocytes matures, 4 survivants à J2, qui ne donneront qu’un blastocyte à J5. Pas de congélation, un peu l’impression de la jouer all-in sur cette manche-là.

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Il n’en restera qu’un!

 

Le transfert a été effectué jeudi dernier, dans une ambiance assez neutre. J’expérimente donc les fameux DPO, dans un sentiment étrange de sortir enfin la tête de l’eau, de ce combat en apnée, et de pouvoir respirer. Et en même temps une certaine angoisse de ce que sera ce résultat.

Ce n’est probablement pas anodin que cette période soit celle dans laquelle je me lance dans l’écriture. En vérité, je dois avouer qu’il ne m’était jamais venu à l’esprit, jusqu’à présent, de tenir un blog, de raconter ma vie (je fais partie des dinosaures réfractaires à FB, c’est pour dire). Une forme de pudeur certainement, et aussi le sentiment de ne pas avoir grand chose de novateur à apporter, de suffisamment important à raconter. Et puis j’ai réalisé que depuis 6 mois, je passe mes nuits sur la blogosphère, à dévorer tous ces parcours de A à Z, à partager peines et joies, et c’est la seule chose qui parvienne à apaiser cette angoisse.

Pas dormir, pas dormir, pas dormir

 

J’ai alors l’impression d’être moins seule à me débattre dans ce truc qui paraît en fait complètement ouf quand on prend deux minutes de recul : ne pas réussir à fabriquer des bébés tous seuls comme des grands, dans un lit – ou même ailleurs-, mais par un simple échange corporel, un contact d’une peau contre une autre peau. Avec la lecture de ces différents parcours, je me reconnecte (au moins virtuellement) avec de l’humain pour vivre une aventure qui me paraît si déshumanisée, si froidement médicalisée.Et alors je me dis qu’il est temps pour moi d’apporter ma pierre à l’édifice…et je me jette à l’eau.

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Cali dans le bain de la PMA

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8 réflexions sur “Se jeter à l’eau…

  1. Coucou! Bienvenue sur la blogo !
    J’aime bien l’image des ovaires qui s’autodétruisent le jour des 35 ans !!! ça me parle.
    Bien sûr, je te souhaite que cette Fiv donne un beau +++
    Courage pour les DPO…

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    • Merci, tu es adorable. Je finis en ce moment de lire ton dernier post, après t’avoir suivie en sous-marin pendant de longs mois. Je suis vraiment très heureuse de te voir aussi bien lancée dans la partie, j’espère que tu vas décrocher tous les jackpots de cette merveilleuse course au trésor 🙂

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  2. Bienvenue Calihope!
    J’espère que tu ne resteras pas trop longtemps dans ce monde de la blogosphère 😉
    De ce que je vois nos parcours sont très similaires.. enfin « nos infertilités de couples »..

    Je croise fort pour cette longue attente jusqu’au résultat qui nous fait passer par tous les états émotionnels que l’on ne soupçonnerait pas avant de démarrer cette PMA !

    Je t’embrasse 😘

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