Dans les limbes

On va pas se mentir, c’était pas la grande joie ces derniers temps (je suis sympa, je préviens dès la première phrase que ce sera un billet geignard).

Ca restera un été de merde, pas le pire de mon existence, mais quand même à marquer dans les annales, avec une succession de coups du sort pas très sympas, parce que comme tout le monde le sait, les emmerdes volent toujours en escadrille. Lire la suite

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Quelle pmette êtes-vous?

J’avais recommencé à écrire un billet geignard en parfaite symbiose avec l’état de mon moral du moment de cet été de merde, et puis je me suis dit qu’il fallait se secouer et essayer de s’extirper de la morosité ambiante. Alors je me lance, chère blogo, dans le défi humoristique certes pas novateur (il me semble que les géniaux icsi avaient déjà versé dedans, mais je ne retrouve plus le lien) mais, je l’espère, néanmoins salvateur.

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La cousine de la coiffeuse

Je crois que l’une des raisons pour lesquelles j’avais foncé sur cette première FIV était que j’avais plus ou moins consciemment espoir de lancer un vertueux processus de « lâcher prise » qui permettrait de faire sortir de sa tanière le fameux bébé couette (je renvoie au site de Simone pour une description on ne peut plus juste de ce fantasme de pmette). La faute à une amie qui m’avait raconté que sa sœur était tombée enceinte le mois précédent sa première FIV, comme quoi il n’y a pas que chez les coiffeurs que les miracles se produisent. Lire la suite

La cerise sur le gâteau

Je n’arrive pas à trouver les mots. Les pensées sont confuses, il y a trop d’informations, trop vite, et rien de clair. Moi la cartésienne je n’arrive pas à aligner des schémas de pensée ou des lignes de probabilités qui fassent sens.

Je n’arrive pas à digérer l’information. J’en suis au stade où j’en viens à regretter le parcours qui générait toutes mes angoisses, celui d’une « simple » FIV – qui avait déjà été une manière assez violente de faire connaissance avec la PMA -, et j’y mets tous les guillemets possibles parce qu’accoler ces deux termes est une formulation affreusement choquante, je sais bien comment elle peut heurter et je vous prie de me pardonner pour ça. Envisager le DPI comme une des options, et contacter des centres dès maintenant pour limiter la casse des délais de prise en charge, ce serait agir de manière rationnelle… On venait tout juste de changer d’équipe médicale, je suis fatiguée, et je ne trouve pas la force pour le moment.

Je suis en colère, j’ai envie de hurler et je me frappe contre les murs. Contre toutes les injustices que la vie m’a apportée, et cette cerise sur le gâteau. Je me rappelle vaguement de cette phrase de Scarlett O’Hara, la grande héroïne de mes lectures d’enfance, qui professait que les fardeaux sont faits pour les épaules qui peuvent les porter (bullshit dit la femme adulte que je suis devenue), et je me dis qu’on m’a quand même vachement chargé la mule. Dame Nature est décidément une très très grosse pute à l’imagination débordante, ça ne s’improvise pas un talent pareil, elle avait même chargé mes gènes dès l’origine, cette salope, en guise de pochette surprise au cas où toutes les autres ornières ne suffiraient pas.

On part en vacances demain et on rejoint pour quelques jours de la famille qui ignore tout de la PMA, et je ne sais pas comment je vais tenir, et faire face. Ou comment je vais m’effondrer. Ou peut-être que ça va me donner une bouffée d’air frais. Que m’enivrer d’iode, me saouler de vent, et retrouver mes rochers, va enfin me faire redescendre sur la terre ferme et ralentir mon rythme intérieur. Prendre le large, reprendre mon souffle et respirer. Et remettre les choses en perspective.

Merci pour tous vos mots doux, ils me réchauffent vraiment le cœur, et désolée si je n’ai pas répondu à tous les messages, je crois que je ne sais plus trop quoi dire car je ne trouve pas moi-même les réponses.

 

Dites trente-huit

Il y avait eu la claque de mon utérus un peu petit, la claque de l’AMH qui baisse et celle d’une petite endométriose qui progresse, et c’est donc avec une certaine appréhension que je suis entrée dans le bureau du Dr Hope, en me demandant sur quels points elle allait insister, et quels étaient les facteurs déterminants de cette fameuse infertilité.

On commence à parler de mon utérus, je lui montre les photos trooop belles de mon dedans à moi, et puis je sens un truc, comme un flottement. Et là elle nous parle du dernier examen dont nous n’avions pas encore eu les résultats, les caryotypes. Visiblement il y aurait certains de mes gènes qui auraient décidé de danser la samba ensemble.

Et là je me suis pris un trente-huit tonnes dans la gueule.

 

Le point positif dans tout cela c’est qu’on ne l’apprend pas après avoir fait 4 fiv dans le vent, et que le messager, c’est une femme franchement exceptionnelle, tant par son professionnalisme que par son empathie (limite je crois que j’ai culpabilisé de lui avoir fait vivre un moment pareil). La mauvaise, c’est que se faire rouler dessus par un trente-huit tonnes, ça fait mal.

Au premier jour

Aujourd’hui, J1 a débarqué, en fanfare, comme à son habitude.

J1 n’est pas vraiment une surprise, il l’est d’ailleurs rarement, mon corps me fait des spoilers. Les 24 heures qui précédent J1 font de moi une loque dépressive qui pleure pour un rien et broie du noir. Je la déteste, cette chute d’hormones, et j’en viens régulièrement à espérer l’arrivée de la douleur physique qui signifiera le retour de mon mental à son état normal.

J1 a ses rituels, et aujourd’hui ne déroge pas à la règle. Avale tes anti-inflammatoires en priant pour qu’ils ne réveillent pas tes douleurs d’estomac. Colle ta bouillotte sur ton ventre en pleine canicule.

Mais aujourd’hui, J1 est un peu différent. Pour la première fois depuis 20 ans, je sais pourquoi j’ai mal.

Faire confiance à la vie

« Faites confiance à la vie », elle a dit, ma prof de relaxation, à la fin de la séance. C’est important la relaxation, ça évite de péter des durites quand on passe ses semaines à consulter des médecins alors qu’on est tellement phobique de l’univers médical que le simple fait de poser un orteil dans une salle d’attente vous colle des sueurs froides. Lire la suite

En parler ou pas

C’est un sujet qui me taraude depuis quelques temps, probablement parce qu’il me semble que je change doucement d’optique sur ce point là.

Faut-il parler de notre parcours à notre entourage, et à quel entourage ? De ce que je lis sur divers blogs, les réponses sont multiples et variées en fonction des histoires et ressentis de chacun. De notre côté, j’ai l’impression que l’on a vécu plusieurs phases. Il serait probablement plus juste, d’ailleurs, que j’emploie la première personne du singulier, tant l’Homme et moi sommes différents sur cette question-là. Lire la suite

Debrief

« Et depuis le mois de février, qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce que vous avez fait depuis cette fiv ?

– On a attendu de vous rencontrer aujourd’hui, j’ai esquissé avec une petite voix.

– C’est une activité à plein temps, ça ! », nous a-t-elle répondu avec un grand sourire.

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